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13 juillet 2026
5 minutes

La France continue de créer des entreprises… Mais le renouvellement du tissu entrepreneurial ralentit

Comme attendu dans l’actuel contexte international très tendu, l’accélération du nombre de défaillance, déjà relevée au premier trimestre 2026, se poursuit sur ce deuxième trimestre. Entre avril et juin, le cumul de défaillances s’élève à 19 408 entités, contre 18 520 sur la même période en 2025, soit une hausse de +4,8%.

Le tissu entrepreneurial français continue-t-il à se renouveler ? À fin juin 2026 dans l’Hexagone, l'Indice de Dynamisme Entrepreneurial (IDE) calculé par ELLISPHERE demeure à 1,2, soit pour 1 disparition de société commerciale, 1,2 création se réalise ; la France crée donc encore davantage de sociétés commerciales qu'elle n'en perd. Mais cette stabilité masque un essoufflement progressif de la dynamique entrepreneuriale : les créations ralentissent dans la majorité des régions, les procédures collectives poursuivent leur hausse et les liquidations judiciaires représentent une part croissante des disparitions d'entreprises.

Un tissu entrepreneurial plus vulnérable

A fin juin 2026 sur douze mois glissants, 71 753 entreprises ont fait l'objet d'un redressement judiciaire ou d'une liquidation judiciaire directe dans l’Hexagone, soit une hausse de 5,8 % sur un an. Au deuxième trimestre, 19 408 procédures collectives ont été ouvertes, contre 18 520 un an auparavant.

Dans le même temps, les procédures de sauvegarde demeurent quasiment stables (+0,3 %), tandis que les liquidations judiciaires représentent désormais 23,5 % des disparitions de sociétés commerciales, contre 21,6 % à fin 2025. Les entreprises qui disparaissent le font ainsi de plus en plus souvent faute d'avoir pu retrouver un équilibre économique.

"Dans le contexte économique et géopolitique actuel extrêmement compliqué et insécure, les chiffres sur l’évolution des procédures collectives en France au premier semestre 2026 ne sont pas favorables. Si la résolution de certains conflits à l’international peut apporter un peu de répit aux entreprises, le franchissement du seuil fatidique des 70 000 défaillances annuelles est définitivement acté. Bien sûr, une défaillance ne survient jamais du jour au lendemain. Elle est presque toujours précédée d’une succession de signaux faibles : des délais de paiement qui s’allongent, des arbitrages de trésorerie plus fréquents, des relations fournisseurs qui se tendent. Malheureusement, les perspectives tant en France qu’à l’International ne laissent pas présager à court terme un retournement de tendance sur le front des défaillances et plus généralement des disparitions d’entreprise." souligne Max Jammot, responsable du Pôle économique chez ELLISPHERE.

Evolution nombre def 10ans

Les jeunes entreprises paient le prix fort

Les premières années d'activité apparaissent plus que jamais comme une période décisive. Les redressements judiciaires et liquidations judiciaires directes progressent de 49,2 % parmi les entreprises de moins de trois ans. Les procédures de sauvegarde bondissent de 175 % pour cette même catégorie.

Ces entreprises portent pourtant le renouvellement du tissu économique français. Elles expérimentent de nouveaux modèles, investissent, innovent et créent les emplois de demain. Leur fragilisation montre combien le contexte économique laisse aujourd'hui peu de marge d'erreur aux nouveaux entrepreneurs.

 Les TPE, cœur battant des territoires

Autre enseignement majeur de l'étude : les très petites entreprises représentent 86,9 % des redressements judiciaires et liquidations judiciaires directes, ainsi que 56,1 % des procédures de sauvegarde.

Ce constat dépasse largement la seule question des défaillances. Présentes au cœur des territoires, les TPE assurent des services de proximité, font vivre les centres-villes, irriguent l'économie locale et créent des emplois non délocalisables. Leur fragilité affecte bien au-delà de leur activité propre : elle touche les salariés, les fournisseurs, les commerçants voisins et, plus largement, la vitalité économique des territoires.

Carte def par region

Des dynamiques très contrastées selon les secteurs et les régions

Les écarts restent importants d'un secteur à l'autre. L'énergie conserve l'IDE le plus élevé (2,9), malgré un ralentissement lié aux tensions sur les marchés. L'informatique et l'électronique voient au contraire leur IDE progresser (1,5), portés par les investissements dans la cybersécurité et l'intelligence artificielle. À l'inverse, le Transport & Logistique avec un IDE à 1,1, et surtout le Bâtiment & Travaux Publics (BTP), qui concentre plus d'un quart des procédures collectives, restent particulièrement sous pression.

Les disparités territoriales sont tout aussi marquées. Avec un IDE de 1,3, la Bretagne et les Hauts-de-France conservent la meilleure dynamique entrepreneuriale du pays. À l'opposé, Provence-Alpes-Côte d'Azur affiche un IDE de 0,9, signe que les disparitions de sociétés commerciales y sont désormais plus nombreuses que les créations.

Ide hexagone historique

Dans plusieurs régions, l’indice reste néanmoins supérieur à l’indice national en atteignant 1,3. C’est ainsi le cas de la Bretagne. Un territoire qui, en plus d’une industrie agro-alimentaire forte, recense des activités diversifiées, connexes ou non, telles que l’emballage, la chimie, la construction navale, la défense... Sur les 12 mois glissants à fin juin 2026, la région Grand-Est voit son indice s’abaisser au niveau national à 1,2, contre 1,3 à fin décembre 2025. Cette baisse pourrait trouver son origine dans les liens étroits entretenus avec l’Allemagne, dont l’industrie a particulièrement souffert ces derniers mois. L’investissement public prévu dans ce pays frontalier pourrait toutefois redynamiser l’économie locale. La part des liquidations au sein des disparitions se maintient à un niveau très élevé de 34,9%.

« Derrière les indicateurs économiques, il y a des entrepreneurs, des salariés et des territoires. Notre étude montre que la France continue de renouveler son tissu entrepreneurial, mais que ce renouvellement repose sur des entreprises de plus en plus fragilisées. Les jeunes entreprises préparent l'économie de demain. Les TPE font vivre celle d'aujourd'hui. Préserver leur capacité à économique du pays. » précise Max Jammot.

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